vieille femme triste se cache le visage

Stopper l’alcool avant de régler la dépression ! Et non pas le contraire !

Dire non est probablement une épreuve – difficilement réalisable pour la majorité de la population et encore plus pour les personnes atteintes de dépression.

C’est pourquoi, il existe dans le livre, un chapitre intitulé « Faire le bon choix «. Il se situe après la phase du fond du fond,  (lorsque le patient tombe en dépression) et au début de la remontée (quand il a rencontré un professionnel). La seule et unique solution pour sortir d’une dépression est de “lâcher quelque chose”. Il faut pouvoir dire au patient qu’il doit être prêt au changement : le sien et pas celui des autres (contrairement à ce qu’il souhaiterait).

Qu’il devra peut-être quitter une attitude, une manière de penser ou de se comporter qui est devenue trop lourde pour espérer sortir de la dépression. Souvent le patient tient à cette attitude  comme à la prunelle de ses yeux ( » j’ai toujours agi ainsi et cela fonctionnait bien »).

Il me dit qu’il ne peut quitter « cette chose «,  cette attitude qui l’accompagne depuis toujours. Je lui montre ma courbe en lui disant que si une personne tombe dans un gouffre ( le fond du fond)  et que ses poches sont remplies de pièces d’or auxquelles il tient plus que tout, elle n’aura pourtant que deux possibilités pour en sortir

– soit rester dans le gouffre avec son or (on ne viendra pas la chercher) car elle est trop lourde pour grimper seule en le gardant en poche;

– soit se délaisser de ce qui l’accompagne depuis des années.  Mais cela  lui permettra d’avoir ce supplément de légèreté pour gravir les pentes du gouffre.

Donc pas de miracle, dans la majorité des dépressions,  il faudra lâcher quelque chose ( ce qui ne veut pas dire forcément lâcher une personne ou un travail ) mais lâcher une attitude devenue insupportable.

Faire le bon choix est valable notamment pour les personnes alcooliques. Il est impossible de sortir d’un dépression sévère en gardant son alcoolisme. J’aime expliquer le schéma suivant au personnes qui présentent un problème d’alcool.

Lors de la consultation de psychothérapie,  il y a trois personnes dans la même pièce

– le patient, le psy ,l’alcool.

Et dans les trois, il y en a un de trop. C’est au patient à choisir qui est de trop. Le psy ou son alcool. Mais on ne reste pas à trois pour faire la thérapie.

Le patient alcoolique et dépressif exprime souvent en thérapie son souhait de régler son problème de dépression avant celui de son alcoolisme.
Je lui répond qu’il se trompe et on peut évidemment ne pas être d’accord avec ma vision des choses. Il faut premièrement régler son alcoolisme ( ou au moins essayer de le supprimer ) avant de s’attaquer à la psychothérapie. Cette vision de régler tout d’abord la dépression ou ce qui ne va pas dans sa vie est une vision tronquée qui permet surtout au patient de ne pas stopper sa consommation, d’établir une sorte de sursis. De rester dans le déni ou le mensonge. Ce sont des patients qui souvent disparaitront assez vite des entretiens sous des prétextes futiles car même si ils s’en plaignent, ils n’ont aucune envie de stopper leur assuétude.

De plus,  à partir de quand aura-t-il atteint son but de régler ce qui ne va pas ? Alors qu’il est si simple pour lui de stopper son alcoolisme. Car dans arrêter, il y a zéro. C’est à dire rien, zéro, pas un zéro pointé avec un petit quelque chose. Non dans arrêter il y a zéro.

Je  leur dis qu’elles peuvent sortir de la première consultation en décidant d’arrêter de boire, qu’il n’y pas de meilleur jour qu’un autre alors pourquoi ne pas choisir celui-ci .

Je leur dis aussi qu’elles ne risquent rien à arrêter de boire, qu’il n’y a aucun danger à le faire . Ce qui ne veut pas dire que c’est facile et que le sevrage ne se fera pas sans «souffrances physiques».

Mais surtout en acceptant cette vision de stopper l’alcool comme préliminaire à la psychothérapie, si elles y arrivent en une ou plusieurs fois, elles retrouveront un image positive d’elles même, ce qui leur fait inévitablement défaut dans leur alcoolisme et souvent aussi dans la dépression. La phase de la remontée pour le patient est souvent “une nouvelle route” qu’il n’a jamais empruntée de sa vie. Et cette nouveauté provoque chez lui  la peur de la fréquenter, de l’adopter.

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